Message de Monseigneur Christory du 18 avril 2020. « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ! »

Chers amis et diocésains d’Eure & Loir,

Il est de coutume d’honorer la Vierge Marie chaque samedi par nos prières ferventes et fidèles. C’est une juste réponse que nous apportons comme fils et filles de la Mère de Jésus. En effet Jésus crucifié, par une de ses dernières paroles, nous a confiés à elle avant de mourir en croix, en se tournant vers elle en premier : « Femme, voici ton fils ». (Jn 19, 26). Le titre de « Femme » nous semble dans une première écoute distant. Cependant dans la tradition juive, comme ce fut déjà le cas à Cana, Jésus honore sa mère par ce mot. Et déjà peut poindre dans ce titre le rôle élargi au peuple entier que Jésus envisage pour sa mère. Jean, qui pourra attester avoir été témoin de la passion et de la mort de Jésus, représente en même temps tout le corps que nous formons. « Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » Cela signifie que le disciple la prit non seulement avec lui pour l’accompagner matériellement, mais qu’elle, en tant que Mère, accueille en son coeur chacun à commencer par Jean. En ce coeur maternel, chaque disciple reçoit une place humble et privilégiée, assuré de l’intercession de Marie pour la mission qu’il reçoit.

Demain dimanche nous fêterons la Miséricorde de Dieu. Toute l’Eglise se rappellera que Dieu est Miséricorde dans sa nature divine. Saint Jean dans sa première lettre dit « Dieu est amour » (1Jn 4, 8). Cet amour s’est révélé par Jésus; par son humanité il s’est donné totalement jour après jour aux hommes et aux femmes pauvres et blessés qu’il écoutait, qu’il guérissait, qu’il encourageait et enseignait. Il ne s’est pas attardé à dénoncer les mœurs païennes des Romains, les jeux du cirque et la violence des légionnaires. Il n’a pas dénoncé les fausses philosophies et la superstition. Non, il s’est fait le témoin d’une nouveauté, de la proximité de Dieu avec ceux et celles qui lui faisaient confiance et étaient fidèles à la tradition juive par leurs prières et l’obéissance à la loi divine. Peu à peu, il a révélé être lui-même la Parole créatrice et divine qui s’est approchée des hommes pour leur apporter l’espérance et le salut : « le Verbe était Dieu, la Verbe était auprès de Dieu et le Verbe s’est fait chair ». (Jn 1, 1ss)

Comment cela s’est fait ? Dieu s’est penché sur une femme, jeune et fiancée, ayant préparé en elle un cœur immaculé pour le recevoir et donner vie à celui qui s’offrirait pour faire entrer le peuple juif dans une alliance nouvelle. Ainsi pourrait être manifestée la Gloire de Dieu à toutes les nations. Ne pensons pas que le choix de Marie fut le fruit du hasard. Il fallait une femme dont le cœur, l’intelligence et la volonté soient pleinement unifiés pour accueillir le projet de Dieu. Une femme qui, dans sa fragilité humaine, puiserait sa force dans la présence de l’Esprit Saint en elle. Une femme qui pourrait accompagner Jésus jusqu’en sa passion. Une femme qui ne jugerait pas mais aimerait les disciples de son fils, aussi lâches soient-ils. Une femme dont le cœur s’élargirait aux dimensions de l’humanité.

Le prophète Ezéchiel avait annoncé que Dieu donnerait à son peuple un esprit nouveau et un cœur nouveau. Cette prophétie s’est accomplie pleinement en Marie. Elle est la porte du Salut et la porte du Ciel. Par elle, le Verbe divin s’est approché des hommes. Par elle chaque pêcheur peut tendre la main pour que Jésus la saisisse. Marie continue à dire à son fils : « ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3). Et aux hommes elle les encourage à la fidélité : « tout ce qu’il vous dira, Faites-le » (Jn 2, 5). Elle est vraiment médiatrice du Salut. Elle coopère sans cesse à l’œuvre de son fils. Si elle se garde de tout péché, si elle ne regarde pas le péché de ses enfants, son cœur n’est pas fermé à cause du péché des hommes, mais plutôt elle intercède pour que nous ouvrions nos yeux et voyions le mal que nous faisons, en appelant sur nous la grâce de Dieu qui seule peut faire de grandes choses en nous. Elle est le canal, l’aqueduc dira Saint Bernard de Clervaux, de l’eau vive et de toutes grâces. Jésus ne peut pas rester insensible à la supplication de ceux qui la prient, qui récitent le chapelet pour méditer les mystères de sa propre vie et qui se rappellent de sa venue parmi nous en priant l’Angelus matin, midi et soir. Le coeur de Jésus, plein d’Amour, s’ouvre à ceux et celles qui demandent pardon et se remettent entre les mains de Marie pour obtenir Miséricorde. Comment Jésus refuserait-il cela à sa Mère ? Sa relation avec elle a toujours été emprunte de confiance.

Je vous encourage à prier la Vierge Marie ce jour. Dites un beau chapelet. Nos églises doivent être ouvertes le plus possible, dès maintenant. Comme souvent celui ou celle qui ouvre est un frère ou une soeur plus âgé, je demande aux catholiques plus jeunes de prendre le relai pour ne pas faire courir de risque à nos ainés en ce temps de coronavirus. Ensuite, lors de la promenade réglementaire, passez en votre église prier Marie, allumez un cierge et confiez lui ceux qui sont malades et tous les soignants. Et je demande aux prêtres de donner le sacrement du pardon spécialement en cette fête de la Miséricorde en mettant deux mètres (pas un mais deux !) de distance, avec un masque pour le prêtre et un masque pour le pénitent (frères et soeurs pensez à en avoir toujours un sur vous). Je vous rappelle que vous pouvez coudre des masques pour vous-mêmes, et en donner aux médecins et aux gendarmes qui visitent beaucoup de personnes en difficulté. Respectez les gestes barrières dans les églises mais allez y prier, devant le tabernacle, dans l’adoration eucharistique et aux pieds de Notre-Dame.

Je vous souhaite dès maintenant une belle fête de la Miséricorde en ce dimanche 19 avril.

Maintenant je vous bénis au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Et nous nous confions à la prière de la Vierge Marie, avec le Regina Coeli, belle prière traditionnelle vers Marie en ce temps pascal.

En latin :

Regina Cœli, laetare, alleluia:
quia quem meruisti portare, alleluia.
Resurrexit, sicut dixit, alleluia.
Ora pro nobis Deum, alleluia.

Reine du Ciel, réjouissez-vous, alléluia,
car Celui que vous avez mérité de porter dans votre sein, alléluia
est ressuscité comme Il l’a dit, alléluia
Priez Dieu pour nous, alléluia.

V. Soyez dans la joie et l’allégresse, Vierge Marie, alléluia
R. Parce que le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia.

Prions :

Dieu, qui, par la Résurrection de Votre Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, avez bien voulu réjouir le monde, faites-nous parvenir, par la prière de la Vierge Marie, sa mère, aux joies de la vie éternelle. Par le Christ notre Seigneur. Amen.

A Dieu Père Raymond Stephan !

Pour information, la messe de funérailles du père Raymond Stephan sera célébrée mardi 21 avril à 14h30 et retransmise en direct par vidéo sur le site du diocèse de Chartres.

N’hésitez pas à faire dire une messe en action de grâce et pour le repos de son âme à partir du site jedonnealeglise.fr.

publié par Pierre-André